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Les Goya d'Agen sont-ils des Goya ?

7 février 2020 |  

Le musée d'Agen, riche de plusieurs toiles de Goya, comme ceux de Bayonne et de Castres, vient de les perdre, en conclusion d'une exposition éblouissante. Un accrochage thématique, des prêts exceptionnels (New York, Budapest, Berlin…) ont fait passer l'amère pilule du déclassement. Le travail scientifique présenté par le conservateur s'appuie sur l'expertise de Juliet Bareau Wilson, spécialiste internationalement reconnue avec l'appui du Centre de recherches des musées de France. On regrettera qu'il n'y ait pas de catalogue, lieu logique de dispute.

Goya jeune est seul et souvent maladroit. A la suite d'une résistible ascension, il se retrouve à la tête d'un atelier qui duplique, à la demande, les portraits royaux ou princiers, répète les œuvres qui plaisent. Mœurs normales du temps. Or, on n'a pas suffisamment étudié les élèves et les disciples, Goya étant vu comme un génie solitaire.

Agen qui possédait un bel ensemble de toiles pouvait mettre en avant la sûreté de leur provenance. Le comte de Chaudordy, ambassadeur à Madrid au début de la IIIe République, donateur du musée, avait acheté les tableaux à Madrazo qui les tenait directement du fils et petit-fils de Goya. Las, on avait oublié que l'atelier de l'artiste conservait des œuvres d'atelier, non autographes ! Tous les tableaux agenais (et bien d'autres) sont ainsi recalés et attribués à des «goyesques » qui exploitent une technique et des sujets qui viennent de l'œuvre graphique souvent répétée par la gravure.

Comme pour Rembrandt, dont chaque publication de volume du corpus scientifique met les musées en transe, les musées peuvent trembler. Agen est la première étape de cette révision. Le noyau dur du catalogue de Goya (1800/1900 numéros pour Gassier et Bareau Wilson en 1970) ne va pas brusquement changer, mais l'œuvre de l'artiste pourra être séparée du cortège des suites, devenir plus juste. Cela signifie, par exemple, qu'une version de l'Autoportrait aux lunettes (l'une à Bayonne, l'autre à Castres) n'est pas de Goya. Un deuil nécessaire.

« Goya, génie d’avant-garde, le maître et son école« , du 8 novembre 2019 au 10 février 2020, le musée des Beaux-Arts, Rue Richard-Cœur-de-Lion, Agen, Lot-et-Garonne.

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