Le 31 août 1794, la poudrerie de Grenelle explose dans Paris intra-muros. Plus grave accident industriel de l'histoire de France par le nombre de ses victimes, avec plus de 600 morts et au moins 1 200 blessés, il reste pourtant méconnu. Il interroge à la fois l'histoire de la Révolution, celle de la capitale et des relations entre l'industrie, la science et l'environnement. Sa reconstitution fine dresse un tableau implacable de l'entrée de nos sociétés dans l'acceptation des risques et des pollutions, au nom de la mobilisation nationale et d'une science utilitariste. Quelques secondes de déflagration, de fumée et de cendres révèlent des décennies de développement du pacte industrialiste qui se noue au tournant du XIXe siècle.
Thomas Le Roux est historien au CNRS, membre du Centre de recherches historiques (UMR 8558, EHESS/CNRS). Il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur l'histoire des relations entre l'industrie et l'environnement, notamment Le Laboratoire des pollutions industrielles, Paris, 1770-1830 (Albin Michel, 2011), et, avec François Jarrige, La Contamination du monde (Seuil, 2017).
