Le 16 mars 1944, l'usine Michelin de Cataroux, à Clermont-Ferrand, est la cible d'un bombardement allié. Cette attaque a coûté la vie à 21 personnes, auxquelles s'ajoutent une trentaine de blessés graves et des centaines de sans-abri. Pourtant, cet événement est relativement peu présent dans la mémoire collective. Ainsi, comment Clermont-Ferrand, éloignée jusqu'alors du front, est-elle devenue la victime de l'évolution de la guerre aérienne, qui tend à ne plus épargner aucun territoire ?
Hélène Saint-André est docteure en histoire contemporaine et membre associée du centre d'histoire « Espaces et Cultures » de l'université Clermont-Auvergne. Elle est l'auteure d'une thèse intitulée L'Auvergne sous les bombes : histoire et mémoires des civils dans la guerre aérienne (1939-2014). Ses travaux de recherche portent plus particulièrement sur l'histoire de la défense passive, préfiguration de l'actuelle sécurité civile.
