Le 11 mai 1987, s'ouvre à Lyon le procès du nazi Klaus Barbie, retrouvé en Bolivie par Beate et Serge Klarsfeld après trente-neuf ans de cavale. L'ancien chef de la Gestapo de la ville est jugé pour la rafle de la rue Sainte-Catherine (1943), celle des enfants d'Izieu (1944) et le dernier convoi du 11 août 1944 vers Natzweiler-Struthof, Ravensbrück et Auschwitz-Birkenau. Dans l'opinion, il y a eu un avant et un après le procès Barbie. Grâce à la libération de la parole des témoins qu'il a permise, la France et le monde comprennent mieux ce que signifient le « crime contre l'humanité » et la Shoah. Désormais, cette mémoire, longtemps refoulée dans les méandres d'un pays et d'une Europe qu'il fallait reconstruire, s'intègre pleinement dans celle de la Seconde Guerre mondiale.
Historien, Stéphane Nivet a été délégué général de la LICRA. Ses travaux portent sur Lyon et sa région durant la Seconde Guerre mondiale. Il a publié, avec Alain Jakubowicz, Vous étiez belles pour l'éternité (Le Progrès, 2022), puis Jean Moulin, l'inconnu de Lyon (2023) et, avec Sylvie Altar, Justes parmi les Nations (Le Progrès, 2025). Il a participé à la rédaction de l'Histoire politique de l'antisémitisme (Robert Laffont, 2024) et assure une chronique sur le procès Barbie dans la revue littéraire en ligne, Ernest !
